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Trevezel/Dourbie

Velo découverte > 2018
Dourbie et Trévezel.
(Samedi 25 août 2018).
(85 km et 1 000 mètres de dénivelé).
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Bernard, Celse et Jacky.

    L’idée de fouler la terre ardéchoise vers la pourtant bien nommée « Joyeuse » afin de découvrir le remarquable Massif du Tanargue ayant fait long feu en raison d’un emploi du temps chargé des participants, nous nous sommes rabattus sur le classique et la proximité, à savoir nos chères Causses.
Nous sortons de Cazilhac vers 6 h 30, Bernard, Celse et moi et prenons la direction de Saint-Jean-du-Bruel, distante d’une cinquantaine de kilomètres. Vers 8 h 00, le ciel est grisâtre et le thermomètre oscille entre 10 et 13°, lorsque nous quittons le bourg, équipés de nos coupe-vent, frustrés de ne pas avoir trouvé un bar ouvert pour emmagasiner un peu de chaleur avant de pédaler. Partis pour un long périple de 120 km avec 2 300 mètres de dénivelé, nous décidons compte tenu du temps de supprimer la boucle vers les Gorges du Tapoul incluant la montée vers l’Aigoual à l’aller comme au retour, soit une distance plus modeste de 85 km et peu pentue, un tracé à la mesure d’un Gégé en mal d’évasion vers des terres inconnues qui le changerait de ses parcours routiniers vers Le Vigan, Pompignan ou Canaules.
L’an dernier, nous avions suivi la D341 qui surplombe le versant droit de la Dourbie vers le Col de la Pierre Plantée (828 m), où, j’avais, au milieu d’un vol de vautours, repéré l’inattendu gypaète barbu. Aujourd’hui, c’est par la rive gauche que nous rallierons le charmant village de Dourbies, avec un « S » en prime pour le différencier sans doute du cours d’eau tourmenté qui le traverse : je ne sais pas si le parler local prononce ce « S » final comme à Gornies, contrairement à Ganges (mystère de l’usage régional d’une langue que ne peuvent m’expliquer quelques tatillons gardois ou héraultais du club ?) La D114 s’élève doucement sur les contreforts du Lingas offrant de magnifiques vues sur les gorges escarpées de la rivière et les montagnes tantôt boisées, tantôt couvertes de landes et de bruyères. Un peu plus de 17 km via Valdebouze, Cassanas et Le Mourier nous séparent de notre première étape.
Le Mayennais monte bien, il est vrai qu’avec Celse et moi, il n’a pas de coriaces concurrents avec qui se mesurer, il pédale à son rythme et nous attend dès qu’un point de vue l’incite à contempler sereinement. Le rythme est assez soutenu car nous arrivons vers la Pensière puis le petit coup de cul annonçant Dourbies (861 m) vers 9 h 15 malgré un ou deux arrêts pour admirer la beauté de l’environnement.
L’auberge éponyme est heureusement ouverte et nous nous précipitons à l’intérieur, délaissant la jolie terrasse alors qu’un couple emmitouflé en sort et qu’un client déguste son petit-déjeuner. Cette gentille gargote serait une belle escale pour le repas de midi, d’autant plus que la carte annonce une entrecôte avec frites maison à 12 €, mais il est encore un peu tôt, même pour un Cévenol ou un solide briffaut comme notre Sauvain d’adoption.
Nous repartons à regret car, dehors, le temps est devenu menaçant et la température stagne autour des 13°, à l’abri du vent que nous offrent les hautes façades des maisons. J’aime beaucoup cette pente douce qui laisse aux pédaleurs le loisir d’apprécier les beautés de la nature, de découvrir au sortir d’un virage le vol furtif d’un merle ou d’un moineau, l’envol lourd d’un busard ou encore la fuite éperdue d’une compagnie de perdrix, d’échanger avec ses compagnons et de profiter parfois d’un timide rayon de soleil déchirant la brume qui couvre les crêtes. Les 360 mètres de dénivellation en un peu plus de 15 kilomètres sont avalés tout au plus en une heure, stimulés par une fraîcheur allant crescendo. L’Espérou (1 222 m), pourtant environnée de verdure a déjà un aspect hivernal car les rares habitants engoncés dans d’épais vêtements marchent d’un pas décidé de la boulangerie à leurs demeures dont certaines laissent échapper un panache de fumée. Il ne manque que la neige ! Nous avalons un encas avant d’attaquer l’ultime kilomètre conduisant au Col de Séreyrède (1 299 m) où règne un véritable froid de canard accentué par une méchante bise, le ressenti frôle les 5 ou 6°. De l’autre côté, la D986, parfaitement revêtue, dévale vers Camprieux (1 099 m), où nous arrivons transis, un raidillon vient à point nommé nous permettre d’activer nos muscles et de réchauffer nos machines gelées, mais une nouvelle descente vers le carrefour de Trèves nous glace les os, l’Ami Celse est tétanisé et je lui prête mon second coupe-vent : peut-être me considérera-t-il pour son Martin de Savaria, alias Saint-Martin, pourfendeur de manteau au bénéfice des pauvres ? La D252 dévale dans une forêt de feuillus vers le hameau de Villemagne, siège d’anciennes mines de plomb et de zinc. Après deux ou trois kilomètres fort pentus le long du ruisseau de Bramabiau, elle coupe la D157 qui s’engouffre dans les magnifiques gorges du Trévezel dominées par d’impressionnants piliers dolomitiques. Cette rivière, longue de 30 km, marque la limite entre le Causse Noir et le Causse, ignoré, de Bégon, elle prend sa source sur le Mont Aigoual et rejoint le lointain Atlantique par la Dourbie, le Tarn et la Garonne, son cours très accidenté, entrecoupé de cascades et de rapides est propice au canyoning. Nous glissons tranquillement jusqu’à Trèves en admirant la beauté sauvage et tranquille de ce défilé oublié des dépliants touristiques.
Bernard, qui découvre cette région, est sous le charme et s’arrête plusieurs fois pendant les 8 à 10 km de la descente. Le village est en fête, les Trévois s’activant à préparer la buvette, la guinguette, les divertissements et les décorations. Nous allons boire un café au restaurant des Gorges sur la jolie placette centrale, ce dernier, affiche, lui aussi « L’entrecôte frites » : encore trop tôt nous déclare Bernard, qui souhaiterait sauter de la table à la voiture sans avoir à trop remonter sur son vélo. Trèves, qui fût le plus petit chef-lieu de canton du Gard, est un important carrefour routier : derrière nous la direction de Camprieu, en continuité, Saint-Jean-du-Bruel par le difficile Col de la Pierre Plantée, vers l’ouest, Cantobre et Lanuéjols, ce dernier par une rude grimpette à flanc de montagne
Originalement, nous devions rejoindre directement notre point de départ par le col ci-dessus nommé, mais nous préférons suivre le cours tumultueux du torrent car le décor est plus plaisant. La route est effectivement très pittoresque jusqu’à Cantobre, perchée sur les falaises dominant la vallée. Nous faisons un énième stop pour découvrir ce village classé et ses vieilles pierres. Il est presque 12 h 00, le bar restaurant « Chez Yves » affiche lui-aussi l’incontournable entrecôte frites, mais à 19 €. Nous y prenons un verre sur la terrasse agréablement coincée entre les belles façades restaurées des maisons voisines sous l’œil soucieux du patron qui attend le client, les douze coups de midi résonnent au clocher et personne ne se manifeste.
Nous dégringolons vers le pont enjambant la Dourbie, remontons sur la D999 et filons à vive allure en direction de Nant la belle dont le toponyme viendrait du gaulois « nanto » signifiant vallée. Nous y arrivons un peu avant 13 h 00 et parcourons les rues à la recherche d’une auberge sympathique. Après mûres réflexions, nous choisissons « L’Hôtel Restaurant des Voyageurs » sur la Place Saint-Jacques où la tenancière est fort aimable. Bernard et moi commandons, bien entendu, ce qui nous a fait saliver depuis ce matin, quant à Celse, peu friand de viande rouge, lui préfère un travers de porc. Il a eu tort car notre grillade est excellente, de même que les étonnantes patates aux formes variées nées du couteau fantaisiste du chef.
Nous repartons après le café et couvrons rapidement les 7 km nous séparant de l’esplanade des fêtes de la ville où s’est installé un cirque, un chameau et un dromadaire se partageant les dernières touffes d’herbe de la pelouse. Le ciel est chargé de lourds nuages lâchant quelques grosses gouttes et le vent a forci, nous sommes contents de retrouver notre véhicule. Nous arrimons rapidement nos bicyclettes sur la galerie et prenons le chemin du retour. Une heure plus tard, nous sommes à Cazilhac où Nadia est contente de récupérer son « homme de main » pour préparer d’autres festivités.
                                                                                                                                

Le Bourguignon bougon.

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