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La Clape

Velo découverte > 2018
La Montagne de la Clape.
(Samedi 10 novembre).
(85 km et 600 m de dénivelé).
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Bruno, Celse, Claude, Denis, Guy, Jacky, Jacques, Patrick, Revel & Revel.
Huguette, Marie-France, Michèle, Nadia, Suzy et Jean.


    Record battu, nous sommes 16 sur la ligne de départ, 10 en cuissards dont notre dernière et sympathique recrue, Denis et 6 en pataugas, manque à l’appel l’ami Gégé qui s’est désisté suite à une appréciation pessimiste des deux météos qu’il consulte chaque jour avant de mettre le nez dehors. Ses ronchonnements, dès que la pente s’accentue, manquent au peloton, mais, aujourd’hui, il n’y a pas lieu de se plaindre, l’itinéraire est tranquille, à sa mesure !
Ayant reconnu le secteur la semaine précédente, j’ai pensé qu’il serait bon de réduire le parcours et de lui enlever son côté culturel (personne ne s’en est plaint), à savoir l’Oppidum d’Ensérune et les Écluses de Fonsérane. Ces passionnants monuments ne sont guère accessibles aux cyclistes (pas à leurs esprits mais à leurs montures) et sont situés dans des zones où la circulation est intense, de plus, le paysage est sans attrait particulier aux alentours. Pour couronner le tout, plusieurs axes secondaires ont été fermés suite aux importantes inondations qui ont affecté l’Aude.
Revenons à nos moutons où plus exactement nos brebis….. égarées, parties derrière nous, elles tournaillent à la recherche de Michèle et Jean quelque part au sud de Narbonne. Des mauvaises langues insinueraient que nos quatre « Bravettes » privées du sens de l’orientation ne sont pas dans le bon coin pour démarrer leur virée et qu’il faudrait envoyer une estafette pour les remettre sur le droit chemin (je ne nommerai point ces langues de vipère). Les pédaleurs, quant à eux, se préparent à Vinassan sur une placette ombragée, à 9 mètres au-dessus du niveau de la mer, faut-il le préciser, ce n’est pas courant pour des montagnards aguerris !
C’est sous un ciel bleu pommelé de nuées blanches et avec une température presque printanière (15/16°), que nous commençons notre balade, dernier « Vélo Découverte » de la saison 2 018. Il est environ 10 h 00. Le démarrage est un peu fastidieux car la petite route appelée « Rue du Four à Chaux » sur Mappy, n’est pas franchement indiquée sur le terrain. Nous empruntons au hasard, à la sortie de la ville, la seconde intersection, qui monte doucement au milieu des vignes, s’engouffre sous l’étroit pont de l’autoroute A9 (31 m) et débouche sur une campagne plus accidentée.
Le groupe s’est disloqué dans ce long faux plat et les premiers s’inquiètent des derniers car vers le domaine de Marmorières, il y a une fourche et dieu sait ce que sont capables d’échafauder certains de nos traînards ? Je reviens sur mes pas et les retrouve près du carrefour, ils ne se sont pas dirigés  vers le Mas, bien tentant avec son panneau indiquant «Vente-Dégustation », mais pédalent paisiblement dans la bonne direction. À l’entrée de Fleury, nous bifurquons à droite sur la D118, qui s’élève insensiblement vers le plateau dominé par les mamelons du Puech de Labade (160 m) au nord et celui de Vires (170 m) au sud.
L’environnement est plus attrayant avec l’apparition de barres rocheuses, de bosquets et de landes, vers Courtal Crémat (44 m d’altitude tout de même) nous arrivons sur un dôme dénudé découvrant la Méditerranée, les plus curieux s’arrêtant pour admirer ce joli panorama, tandis que les autres poursuivent leur progression. La départementale s’engouffre ensuite dans une combe, le long d’un ruisseau, dépasse l’aire de pique-nique proche du Gouffre de l’œil Doux que je suis allé admirer la semaine dernière (c’est un impressionnant trou d’eau circulaire entouré d’un bel à-pic) puis débouche sur la station balnéaire de Saint-Pierre-la-Mer. La D168 et la piste cyclable qui longent la côte jusqu’à Narbonne-Plage sont sans grand intérêt car on ne distingue la mer qu’entre les rangées d’immeubles et de pavillons.
Au rond-point de Foulquines, nous abandonnons l’urbanisation côtière sans âme en automne et entamons une longue mais douce ascension sur la partie la plus accidentée de la Montagne de la Clape avec sur notre droite une magnifique enfilade de falaises et sur notre gauche un dédale de collines sauvages dominé par le point culminant du secteur, le Coffre de Puech Redon (214 m). Bruno entraînant dans son sillage Claude, ou le contraire, a filé vers les Cabanes de l’Hospitalet alors que je me suis arrêté au sommet près du belvédère de Foursquare qui offre une majestueuse vue sur la grande bleue, le Massif de La Clape et le littoral. Nous les rejoignons et retournons vers la plateforme pour admirer ce splendide panorama et tirer les photos de famille qui viendront agrémenter ce texte.
Nous reprenons notre cheminement à proximité des parois calcaires au-dessus desquelles trône un terrain militaire où nous apercevons, bien qu’il n’y ait pas de piste, l’aileron et le fuselage arrière d’un avion, enfin pas tous : « a respiré les gaz d’échappement de son Vae, pour voir là une statue ou une quelconque balise, le Claudius » !?!? S’ensuit une plaisante descente dans la Combe Longue jusqu’au rond-point de Moujan, près du château et du vignoble du même nom. Nous suivons la D31 jusqu’au hameau de Ricardelle qui lui aussi possède des vignes, une bastide et une imposante tour de télécommunication. Un redoutable raidillon de 2 km signalé avec trois chevrons sur la carte, c’est-à-dire 13 % et plus y conduit. La route est peu large, sinueuse et pentue mais aux dires de nos appareils de mesure, elle n’est que de 9 à 10 % avec quelques brèves épingles et rampes à 10/12 %, comme quoi, le Bibendum peut se gourer dans un sens comme dans l’autre (détail pour Gégé, en souvenir d’une virée à Peyre près du viaduc de Millau où la grimpette à un chevron, soit 5 à 9 %, comportait des portions à 16, 19 et 20 % et ne descendait jamais au-dessous de 8 à 9). Là-haut, le coup d’œil est spectaculaire notamment sur l’étang de l’Ayrolle, celui de Bages et de Sigean aux pourtours très découpés avec dans le lointain la chaîne des Corbières.
Au pied de la descente, nous récupérons Nicole qui a préféré s’abstenir et empruntons la D32 jusqu’à la fourche de Saint-Eustache où nous enchaînons sur une étroite voie qui pénètre dans une zone marécageuse envahie de joncs absolument plate. Elle butte sur le chemin de halage du canal de la Robine qui relie l’Aude à la Méditerranée. Celui-ci ne sert plus aux chevaux qui, sans doute dans le passé, tiraient les péniches et les bateaux mais aux promeneurs du dimanche et aux pédaleurs indécrottables, c’est le cas de le dire car nous devons franchir deux ou trois portions où nous nous envasons jusqu’à la jante au point que la boue s’amassant sur les freins bloque les roues. Nos vélos sont en triste état, voilà qui nous obligera à les nettoyer, ce qui n’est pas mon passe-temps favori, je dois l’avouer, mais je ne suis pas le seul. Après avoir décrassé sommairement nos bécanes, nous poursuivons notre équipée vers Gruissan dont on longe l’étang éponyme que surplombe la Tour Barberousse, nom peut-être donné pour rappeler que le célèbre pirate ottoman sévissait sur les côtes voisines au XVe et au XVIe siècles. Nous contournons le vieux village, traversons le Canal de Grazel qui se prolonge par la D232 desservant l’Ayrolles, l’île et le Salin de Saint-Martin. Le restaurant que nous a conseillé Jean et que je suis venu repérer lors de ma récente visite s’appelle « La Cambuse du Saunier ». C’est une construction en bois teinté, rustique et originale, elle est bâtie au bord des marais salants, des tas de sel et des parcs à huîtres, dans un cadre unique que les rayons du soleil au zénith magnifient. Un endroit où il fait bon flâner.
Le ciel est maintenant uniformément bleu, la température est douce, mais à l’abri du vent marin qui s’est levé. La salle est pleine et bruyante, deux ou trois tables extérieures sont occupées par les courageux ou les imprévoyants car le patron refuse de nombreuses personnes. J’ai heureusement réservé une tablée pour seize, ce que nous sommes malgré la défection de Gérard puisque j’ai réussi à persuader Claude de venir avec nous, mission aisée car, je crois qu’il tenait à cette ultime sortie. Les marcheuses arrivent quelques instants plus tard, satisfaites de leur balade dans la montagne et imperméables aux quolibets de leurs moitiés quant à leur perception imprévisible de l’orientation. Compte tenu de l’affluence et du peu de personnel, au demeurant très performant, nous sommes inquiets au niveau de la durée du service. La commande est fastidieuse mais la jeune serveuse s’en tire bien et voyant que nous sommes assoiffés, nous sert sans tarder vin et eau (pas comme à Zonza). Le premier a plus de succès que la seconde et c’est avec délectation que nous dégustons un excellent cru de La Clape. Les entrées et les plats arrivent échelonnés, diversement appréciés, principalement les poissons, ceux-ci ayant profité un peu trop d’un bain de vapeur sur les fourneaux avant de finir dans l’estomac de Bruno et Marie-France. Il n’est, bien sûr, pas question de dessert, les gourmands, une fois de plus sont spoliés, nous nous contenterons d’un café. Pour l’addition, ce sera une simple division par 16, une nouvelle table de calcul pour les amateurs de mathématiques primaires, nous avions déjà appris celle de multiplication, pas des petits pains, mais des 50 avec Jean-Luc en Corse!
Vers 15 h 30, nous parvenons à nous extirper sur la terrasse. Les randonneuses, à qui j’ai conseillé de découvrir le Gouffre de l’œil Doux pour occuper leur après-midi, ne sont pas aussi pressées que nous qui devons encore parcourir 30 ou 35 km jusqu’à notre but. Nous n’avons pas une minute à perdre si nous souhaitons rentrer avant la nuit, n’étant pas à l’abri d’un incident ou d’une crevaison, dont certains d’entre nous sont malheureusement souvent victimes, comme si un « diablebottin » leur avait jeté un mauvais sort.
Nous roulons en file indienne vers le pont du canal, dans les rues en circulade des quartiers anciens jusqu’au rond-point indiquant Narbonne et la grande voie que nous quittons pour emprunter les routes dites « Verte et Bleue ». Celles-ci montent, descendent et louvoient dans la pinède, la garrigue et un discret vignoble, au pied des falaises karstiques percées de cavernes et de crevasses. Ces douze kilomètres qui nous ramènent à Narbonne-Plage via le Mas des Inférêts, La Pierre Droite, Le Rec d’Argent, La Petite et La Grande Rouquille sont un enchantement, même si nous devons franchir de longues flaques d’eau et éviter plusieurs plaques de boue. Il ne reste plus, comme ce matin, qu’à remonter l’agréable D168 jusqu’au belvédère de Foursquare, puis les Cabanes de l’Hospitalet, en contrebas du camp où se dresse toujours, tel un totem (c’est peut-être ce qu’avait vu Claude), la queue du chasseur, celle du zingue, pas celle du nemrod en gilet rouge. À la fourche de la Ramade (132 m), nous obliquons à droite en direction d’Armissan à hauteur d’un panneau indiquant 16 %, à descendre fort heureusement. La D68 qui pénètre dans le profond ravin creusé par le ruisseau de Mayral est magnifique avec des virages offrant de jolis points de vue sur les derniers contreforts de La Clape. Nous traversons le village (37 m), gros bourg prospère tourné vers la viticulture avant d’attaquer un faux plat descendant jusqu’à Vinassan dont la rue principale est barrée pour travaux. Malgré le sens interdit, comme souvent le font les cyclistes, nous la remontons jusqu’au parking où sont garées nos voitures. A 17 h 15, nous sommes à destination, une demi-heure plus tard nous prenons le chemin du retour à la queue-leu-leu. Nous quittons le convoi, Nicole, Claude et moi, vers Saint-André-de-Sangonis pour gagner la vallée de la Buèges par les Lavagnes.
Chaque participant ou participante semble satisfait de cette virée audoise dans un décor nouveau pour la majorité d’entre nous. Le restaurant, hors cuisson du poisson, était bien mais pas adapté à un groupe de cyclistes et de randonneuses, tenu par des horaires. On fera mieux la prochaine fois afin d’éviter les critiques « a-serre-bes » de certains esprits chagrins.
Un rendez-vous est fixé (sauf empêchement majeur ou manque irrésistible de grands espaces), samedi 16 mars 2019 pour une nouvelle vadrouille aux Baux-de-Provence et dans les Alpilles, objet du premier « Vélo Découverte » le 10 mars 2 015.
Le Bourguigno bougon

cc-gangeois@ffct.org
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