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Mont Bouquet

Velo découverte > 2018
Le Guidon du Bouquet.
(Mardi 3 juillet 2018).
(118 km et 1 480 de dénivelée).
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Patrick, Claude, Joël, Joseph, Bernard et Jacky.

Comment n’ai-je point vu la masse imposante de ce magnifique éperon rocheux qui trône au milieu de la garrigue gardoise, il se voit comme le nez au milieu de la figure ? C’est la question que se posaient certains d’entre nous. À leur demande, nous sommes venus tester notre aptitude à l’effort sur ses pentes abruptes et réputées terribles.
À 8 h 30, nous nous garons sur la place ombragée de Brouzet-les-Alès (193 m) où vient nous retrouver Bernard. Nous nous équipons sereinement, allons boire un café au bar du coin et enfourchons nos bicyclettes alors que le soleil commence doucement à chauffer l’air. Nous rejoignons rapidement la D6 où le trafic est chargé car elle est un raccourci pour les habitants du sud des Cévennes désireux de gagner la vallée du Rhône. Jusqu’à l’entrée de Seynes (255 m), c’est un interminable et sévère faux plat de 6 kilomètres, longeant les falaises semi-circulaires de la montagne, haut lieu de l’escalade en Languedoc.
Claude est parti en éclaireur, la barbiche au vent, les autres, moins rompus au départ en fanfare, s’égrènent dans son sillage en maugréant. Au carrefour des D115 et 607, nous tournons à gauche et entamons les 6,5 kilomètres d’escalade de la façade orientale du Mont Bouquet notée sur la carte Michelin avec trois chevrons et 15 %. Après une courte mise en jambes, la pente se cabre sur un long tronçon où le Gps enregistre des pourcentages de 18/19 %, se calme pour nous permettre de souffler puis s’arc-boute fortement, frôlant parfois les 20 % et même 21, un répit et même une brève descente suivent cette coriace rampe, au col du Bourricot, noté 510 m sur le vieux panneau et 520 sur le nouveau (?),
l’ascension s’adoucit pour l’ultime kilomètre où nous arrivons en ordre dispersé. Près des antennes du Guidon (629 m), la vue est imprenable et à 180° sur la plaine jusqu’au Mont Ventoux et la Méditerranée. La piste de décollage a été modernisée depuis notre précédente venue et une école de parapente procède au départ de ses élèves, qui semblent effectuer leur baptême en mono. Guidés par la radio du moniteur, nous les observons s’élancer et prendre leur envol, nous suivons leur évolution le long de la paroi puis au-dessus de la campagne vers Seynes où ils devraient atterrir. Le Cévenol n’ayant pas l’esprit vibrionnant, l’Ami Jo est content d’avoir les pieds sur le plancher des vaches, quant à Patrick, qui se remet lentement de la dure épreuve qu’il vient de vivre, il rêve à ses anciens amours : flirter avec les courants ! La descente sur la façade opposée, celle que nous avions escaladée le 10 avril 2016, est impressionnante, sans aucun palier de repos. Si elle n’a pas les pourcentages effrayants de la première elle reste très raide sur les 4,5 km conduisant à Brouzet-les-Alès. De l’avis de tout le monde, cette dernière semble plus difficile, ce que nous pensons, Claude, celui d’avant le Vae, et moi pour avoir testé les deux versions.
Au bas du mur, nous prenons la D7 à droite jusqu’à Navacelles, pas de cirque là, mais des maisons joliment décorées, serrées autour d’un donjon surmonté d’une cloche. Nous bifurquons sur la D147 qui, l’air de rien, grimpe pendant plusieurs kilomètres dans un paysage sauvage cachant l’exceptionnel Gouffre des Aiguières, site magnifique, réservé aux marcheurs et peut-être aux VTT. Après Vendras, nous tombons sur la D37 qui contourne la cité fortifiée de Lussan, elle justifierait bien une visite, mais l’accès en impasse freine nos ardeurs car le cycliste, comme chacun sait, n’aime pas s’engager dans un cul-de-sac. Nous continuons sur la D143, virons sur la D643 qui monte légèrement puis dégringole vers l’Aiguillon, affluent de la Céze. Au bout se trouvent un parking et un bref raidillon conduisant à une plate-forme, un peu plus loin, un sentier taillé dans la roche, mène à deux belvédères desquels on peut admirer les profondes gorges de la rivière ci-dessus nommée, ce lieu s’appelle les Concluses.
Cet endroit est le départ d’une magnifique randonnée conduisant dans le lit de la rivière partiellement souterraine au travers d’une étroite faille qui se remplit les jours de fortes pluies. Le chemin du retour est plus facile qu’il n’y paraît et nous sommes rapidement sur la route principale qui s’insinue dans une étroite combe descendante jusqu’à Verfeuil (km 44), agréable bourgade nichée au pied d’un château féodal du XIIe siècle. Nous y cherchons de l’eau puis lorgnons, à tout hasard, les cartes des deux restaurants locaux mais il est encore un peu tôt. Distrait, je m’engage sur la D340 qui traverse un assez joli paysage, similaire à l’itinéraire que nous devions suivre, jusqu’à la D6, assez empruntée à l’approche de midi. Je me suis planté (c’est l’âge !) et je dois consulter la carte pour rallier la bonne direction : 4 ou 5 km sur la grande route vers Saint-Maurice-de-Careiret, puis à gauche jusqu’à Saint-André-d’Olérargues et Clapeyret où nous récupérons notre parcours, soit une douzaine de km supplémentaires dans une campagne pas toujours attrayante. La D143 s’abaisse doucement jusqu’à La Bégude en contournant les falaises de Descattes.
Au carrefour avec la D166 nous virons à gauche pour attaquer une côte de difficulté moyenne avant de basculer sur la vallée de la Cèze que nous traversons sur le Pont Charles-Martel (rien à voir avec le pourfendeur de Sarrasins, seulement un homonyme, curé bienfaiteur originaire de la région) au pied de La Roque-sur-Cèze, village classé parmi les 100 plus beaux de France. Les cascades du Sautadet, troisième site touristique de notre balade, sont en aval de la construction : la rivière, paisible sous les arches s’engouffre subitement en plusieurs ressauts sur quelques dizaines de mètres dans un dédale de roches calcaires sculptées par la force et les tourbillons de l’eau. Fantastiques à la saison des pluies, elles restent spectaculaires en été et beaucoup de vacanciers se pressent sur les deux berges pour s’y baigner malgré le danger et y pique-niquer.
C’est donc l’heure de déjeuner et je sais qu’il existe un ou deux restaurants à proximité. Nous nous arrêtons devant le premier « l’Auberge du Bélier » et décidons de ne point continuer, la carte convenant à nos appétits et à notre porte-monnaie. Nous flemmardons un peu plus d’une heure et demie sous la tonnelle ombragée dominant le flot tranquille de la Céze avant de poursuivre notre chevauchée sous un soleil chaud et un ciel nuageux.
Après une dizaine de minutes, nous arrivons sur une large voie où la circulation est étonnamment calme, casse-croûte oblige ! Nous la suivons à marche forcée, emmenés par notre Mayennais requinqué, bifurquons à gauche vers Saint-Gély puis à droite jusqu’au très joli village de Goudargues, qui mériterait un petit arrêt, mais le temps, pas celui qui passe, celui qui change de minute en minute, s’annonce menaçant. Une étroite route, parallèle au cours d’eau, nous amène au carrefour de la Seraillere, à proximité de l’entrée des gorges de la Cèze, nous changeons de cap et filons sur la D167. Le ciel est maintenant très chargé avec de lourds cumulus noir et gris qui laissent échapper quelques grosses gouttes. Bernard qui ne semble pas aimer l’eau, ce que j’avais remarqué, a pris les choses en main, nous entraînant à vive allure sur les 9 kilomètres montants nous séparant de Méjannes-le-Clap, je lâche prise en compagnie de Joseph et Patrick, mais, plus accrocheurs que moi, ils me distancent rapidement. J’ai décidé d’en garder un peu sous la pédale car il reste encore 30 à 40 bornes et 400 m de dénivelée si nous respectons le planning.
Un peu avant la ville, Bernard vient me chercher et me ramène dans le peloton juste au panneau d’entrée et sous une pluie fine. En raison de la menace d’orage et à la demande quasi générale, nous jugeons raisonnable d’écourter le parcours et de redescendre vers Tharaux et Rochegude sur les rives de la Céze par une magnifique et sinueuse route où chacun prend son plaisir, certains à fond la caisse, certains plus tranquilles afin de profiter de la majesté du paysage. Nous nous regroupons au pied du plateau et roulons à un train soutenu, emmenés par un Président déchaîné, sur les longues lignes droites et presque plates, traversons Rivières, Pont d’Auzon, La Bégude, Les Fumades-les-Bains où Patrick coince un peu, Cal puis Navacelles et enfin Brouzet-les-Alès où nous arrivons vers 16 h 00. Le café n’étant pas encore ouvert, nous allons boire le pot de l’amitié dans un routier « l’Auberge des Cambons » sur le bord de la D6. Nous sommes de retour au bercail aux alentours de 19 h 00, après avoir déposé le Sieur Casile sur le pas de sa porte, lui évitant un petit supplément car il a les traits tirés le bougre et il faut qu’il garde un peu de ressource pour les Grands Causses à la fin du mois !

Le Bourguignon bougon
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